Promenades – Voyager avec la Deutsche Bahn (2026)

Un train ICE

« Tous ceux qui errent ne sont pas perdus » – J.R.R. Tolkien

J’ai entrepris ce mois de juillet un voyage itinérant en Allemagne du nord, pour aller voir certaines villes hanséatiques, ces fiefs de riches marchands appartenant à la guilde dite « La Hanse », ayant construit leur fortune à partir du XIIe siècle dans des échanges commerciaux et laissé un riche patrimoine urbain. Comme j’évite de prendre l’avion quand j’ai une alternative en train, j’ai opté pour ce mode de transport. Il faut dire que la Deustsche Bahn offre via son application bien des moyens de voyager en Allemagne, une application qui va s’avérer bien pratique, comme vous allez le voir.

Le voyage aller m’emmenait de Paris à Lübeck, une ville portuaire du nord, réputée pour sa beauté. Je devais emprunter un train Eurostar de Paris à Bruxelles, puis trois correspondances, Bruxelles-Cologne, Cologne-Hambourg et Hambourg-Lübeck, en tout un peu plus de dix heures de trajet (mais comme j’adore ces temps suspendus, où l’on peut lire, regarder des films, rêvasser, je ne compte pas 😉 – en 2018, j’ai d’ailleurs pris le Transsibérien de Vladivostok à Moscou, 10 000 kilomètres, une semaine entière de train fractionnée entre plusieurs haltes et j’ai adoré).

C’était sans compter avec l’imprévisibilité des parcours ferroviaires en terre allemande, qui savent opposer leur fantaisie à l’impeccable préparation des voyageurs.

Une heure à peine après avoir pris le premier train jusqu’à Bruxelles, un message m’avertit très courtoisement que la deuxième correspondance (qui devait m’amener à Cologne, j’espère que vous suivez) aurait un retard significatif, ne me permettant pas de prendre les deux trains suivants. Mais l’ingéniosité de l’application susmentionnée me propose alors une alternative en passant par Amsterdam pour relier Osnabrück (à bord d’un train en route pour Berlin) puis rejoindre Hambourg et enfin Lübeck. Je ne tergiverse pas plus d’une minute pour accepter ce trajet, trop contente de ne pas rester en rade à Cologne. Bon, bien sûr, il faut trouver un contrôleur, lui expliquer, payer le trajet complémentaire Bruxelles/Amsterdam (puisqu’il n’est pas opéré par la Deutsche Bahn), attraper de justesse le train pour Berlin, sans place réservée, ce qui oblige à un jeu de chaises musicales (NB : les trains allemands ont ceci de supérieur sur ce point sur les trains français, c’est qu’ils indiquent quelles sont les places libres – mais là, transhumance de vacances oblige, le train était plein 😉). Voyons le bon côté des choses, j’ai pu voir la gare d’Osnabrück, assez jolie, je dois dire, et me régaler d’un sandwich bretzel succulent. La tension est remontée peu après, car le train à destination d’Hambourg accumulait peu à peu le retard sur le tableau d’affichage, rendant de plus en plus improbable ma capacité à attraper la correspondance Hambourg/Lübeck, puisque le temps de correspondance s’amenuisait en conséquence jusqu’à me laisser moins de dix minutes. Finalement, traînant ma valise (assez modérée en taille, l’histoire me prouva ici que j’avais raison de voyager léger), j’ai réussi à monter dans le dernier train, et à arriver à bon port avec seulement un quart d’heure de retard.

Le voyage de retour était a priori moins complexe, un simple Brême-Paris nord, avec deux correspondances via Cologne et Bruxelles. Mais dès avant avoir quitté Brême, j’ai reçu un message, toujours aussi courtois, m’informant de l’annulation du train Cologne-Bruxelles et me proposant là encore un voyage alternatif en deux étapes, via Karlsruhe. J’ai bien sûr opté pour ce trajet (décidément, une force irrésistible m’attirait loin de Cologne), avec là encore, des difficultés à trouver une place assise, une certaine anxiété devant le retard du premier train, qui me laissait de moins en moins de temps pour prendre la correspondance à Karlruhe. Mais je dois saluer encore la gentillesse du personnel de bord, le contrôleur ayant accepté que je prenne ces trains alors que ce n’était pas la même compagnie (le Bruxelles-Paris était un Eurostar). Un quart d’heure de retard au final, arrivée dans une gare différente (Gare de l’est au lieu de Gare du Nord), un moindre mal.

Je pense que d’avoir vécu quatre ans en Chine, où tout est possible jusqu’au dernier moment, m’a donné un esprit zen qui m’a permis de surmonter avec un certain calme cette épopée ferroviaire.

Et je garde le meilleur pour la fin. Je devais initialement rentrer le 4 août et j’ai différé ce retour d’une journée. Bien m’en a pris, car j’ai reçu avant de partir un message m’informant de l’annulation de mon trajet initial (Brême/Cologne/Paris Nord), pour me recommander, toujours avec une grande courtoisie, un trajet alternatif des plus originaux, avec 7 correspondances, que je ne résiste pas à vous partager ici (1) :

  • 08h44-11h46 : Brême-Cologne
  • 12h32-13h42 : Cologne-Coblence
  • 15h21-17h48 : Coblence-Luxembourg
  • 18h23-19h33 : Luxembourg-Libramont
  • 19h44-20h51 : Libramont-Ciney
  • 21h04-21h37 : Ciney-Namur
  • 21h47-22h46 : Namur-Charleroi
  • 05h24-06h17 : Charleroi-Maubeuge (le lendemain)
  • 06h42-08h42 : Maubeuge-Paris

Soit 24 heures de trajet, alors que j’étais censée arriver après un trajet de 10h ; mais un voyage cosmopolite, qui m’aurait fait traverser quatre pays, Allemagne, Luxembourg, Belgique et France, tout en zigzag, ne boudons pas notre plaisir 😂. Je pense que quelques petits réglages sur ce que je subodore être une IA et qui calcule les trajets, ne serait pas du luxe.

Certains vont chercher l’aventure au bout du monde, dans des voyages très exotiques, je propose ici une solution de remplacement européenne, éco-friendly et tout à fait abordable, qui vous fera vivre une véritable odyssée.

Ne vous méprenez pas, je repartirai avec cette compagnie si fantaisiste bientôt !

FB

(1) Pour les sceptiques, je garde à disposition le mail reçu de la DB, que je garde précieusement 😉.