Chine – Portraits en temps de pandémie, épisode 1 (2022)

En cette période assez incertaine, où nous jouons à cache-cache avec les quarantaines (sur les 140 employés de l’entreprise où je travaille, il y en a chaque semaine environ 5 qui sont assignés à résidence car ils ont frayé de près ou de loin avec cet horrible virus qu’est le Covid-19). Vous pouvez vous faire « rafler » à n’importe quel moment – je pèse mes mots, parfois les forces de l’ordre sanitaire vous visitent en pleine nuit-, c’est une vraie épée de Damoclès qui se tient patiemment au-dessus de nos têtes. Et le quotidien est rythmé par les visites aux stands de tests PCR, la nécessité de scanner son pass sanitaire pour entrer partout…

Je voulais mettre en lumière quelques-uns de ces travailleurs sanitaires qui font imperturbablement leur devoir face à cette pandémie, jouant le jeu de ce système qui souvent nous fait peur et souvent nous fait rire.

Mes excuses aux personnes concernées (encore qu’elles sont en incognito vu leurs tenues), rien de personnel.

Celle qui désinfecte les lieux de travail

8 heures du matin

Dans sa tenue d’astronaute, comme revenue de bien d’autres planètes, harnachée d’un bidon de désinfectant (javel ? autre ? je ne sais pas), son devoir quotidien est d’asperger copieusement les espaces publics pour empêcher le virus d’entrer (ou, s’il est déjà là, on ne sait jamais, l’empêcher de sortir).

Elle est souvent conduite par une employée en tailleur bleu marine et talons, qui l’aide à repérer les endroits où pourrait potentiellement se cacher le virus. A grands renforts d’indications gestuelles, l’employée veille à la désinfection totale des lieux potentiellement contaminés.

Ici, mon cliché l’a saisie seule, comme livrée à elle-même, mais faisant preuve d’un professionnalisme à toute épreuve même privée de son cornac. Elle diffuse, consciencieusement et avec méthode le liquide miracle sur les pavés de l’entrée (ce virus est fourbe, vous l’aurez compris, il peut se glisser sous les chaussures et puis, paf ! il est entré ! Un vrai danger qui nous menace).

A noter que les autres employés n’ont pas jugé nécessaire de revêtir cette tenue de combat, ils nous accueillent en costume ou tailleur de ville, comme si de rien n’était, la laissant seule lutter en première ligne contre cette pandémie qui ne demande qu’à advenir.

J’ai une pensée de tendresse pour cette femme, qui fait comme elle peut avec l’absurdité de la situation.

Mes respects.

FB