Pékin – Excursion au Lac du Sud (2022)

Dimanche matin, le ciel n’était pas à la fête, de la pluie, des nuages menaçants et un ciel noir, de quoi rester chez soi enfermé (mais nous le sommes déjà trop par le télétravail qui dure déjà depuis trois semaines). Et, en forme d’éclaircie (in)attendue et bienvenue à la fois, le ciel s’est mis au beau vers 13 heures, sous les coups de boutoir du vent. Si j’aime beaucoup la phrase de Jean Yanne : « La chaîne météo, si ça existait de mon temps ? Oui, on appelait ça la fenêtre » et que je l’adore par ailleurs, cet homme, je dois dire que ces applications qui prédisent le temps nous rendent parfois bien service !

Car j’avais prévu cette embellie météorologique et j’avais planifié d’aller voir un parc dans le sud de Pékin, 南海园子, soit la « Mer du sud ». Car pour ces empereurs qui quittaient peu la Cité interdite et connaissaient mal le monde alentour, tout lac devenait mer. Ainsi à Beihai (北海) la mer du nord où je vous ai emmenés avec moi récemment, répond cette mer du sud que je vais vous faire découvrir.

Mesurons d’abord le défi que je me suis lancé, prendre mon vélo (de ville) pour parcourir les 16 kilomètres qui me séparent du lieu et pareil au retour (c’est sûr, je vais m’acheter un vélo plus sportif bientôt). Avec un vent fort qui faisait autant de résistance à mon pédalage, inutile de vous dire que j’ai fait beaucoup de sport…

Même si je ne savais pas si j’arriverai à bon port, comme dit la sagesse populaire, ce qui compte c’est moins le but que le chemin. Contempler les nuages, affronter les bourrasques, se réjouir des fleurs rencontrées, voir les (rares) autochtones mener leur vie, c’était là ma première récompense.

Première impression, le vide des rues. Je voudrais souligner ici ce que je pense être une différence fondamentale entre la France et la Chine. En France, si l’on avait dit officiellement que les centres commerciaux étaient fermés, certains y seraient quand même allés pour vérifier. En Chine, les centres commerciaux sont ouverts, mais comme le gouvernement de Pékin dissuade (sans interdire) d’y aller, personne n’y va. Obéissance vs esprit français !

Comment décrire ces temples de la consommation muets, ces rues vides, malgré le week-end et le beau temps. Je laisse les photos témoigner pour moi.

Centres commerciaux de Chongwenmen
Quelques rares livreurs à toute vitesse
Et cette publicité qui parle dans le vide (pauvre Amanda Seyfried)
Le marché des perles, à côté du Temple du Ciel, déserté lui aussi

Les seuls endroits animés que je croise sont les stands de tests PCR, là il y a la queue…

Je continue mon chemin vers le sud, en route vers bien des aventures et découvertes.

Trois véhicules de nettoyage identiques et un objet roulant non identifié en forme d’oeuf !
Faune urbaine
Réminiscence d’Italie

Et toujours cette nature qui embellit les bords des six voies que j’arpente. Car je suis arrivée dans une banlieue résidentielle, je le vois bien. Des barres d’immeubles auxquelles la Seine-Saint-Denis n’aurait rien à remontrer. Mais la beauté des fleurs et du ciel…

Un peu plus loin, je croise des vendeurs de fruits le long d’une bretelle d’autoroute (si, si c’est possible, ici il existe des voies cyclables le long de ces bretelles !). J’achète des abricots et de petits melons jaunes.

Au premier plan les petits melons jaunes, mais les stars des ventes étaient les pastèques (à gauche et au fond)

J’ai également vu deux cours d’eau bien urbains, entourés par la ville avec un hiatus esthétique assez abrupt, adossés à des ponts de béton ou de grands ensembles urbains. Mais les locaux n’en ont cure, ils ont investi ces lieux presque champêtres. Il faut dire que certaines vues sont bien bucoliques.

Si vous regardez bien, il y a un parasol installé sur la petite île
Protection ultime des membres supérieurs contre le soleil ; a priori pas de problème pour les jambes

Enfin, après une heure et demi de trajet, j’arrive au jardin. Je sais qu’il est immense et que je ne vais pas pouvoir le parcourir en entier. Je n’ai pas trouvé les dimensions arithmétiques, mais j’ai compris que c’était un des plus grands ensembles naturels que j’ai vu à Pékin.

L’entrée est spectaculaire dans tout ce ciel cobalt.

Vient ensuite une grande immensité d’arbres autour d’un lac tout aussi immense. Ici, les fleurs se font modestes, pas de grand parterres comme dans les jardins plus au centre.

Quelques cosmos qui jouent les sous-bois

La vedette, c’est ce lac, ce jour-là parcouru par les vagues du vent qui le hérissent en bleu et vert. Les roseaux ploient sous la force des bourrasques et les nuages eux-mêmes, qui parcourent le ciel, semblent un peu ébouriffés.

C’est un jardin empli d’arbres, qui prennent la place des fleurs et déploient par centaines toutes leurs couleurs dans ce ciel bleu, un peu malmenés par le vent, mais cela leur fait des courbes tellement gracieuses…

Avec un système bien ingénieux pour que les arbres retiennent l’eau

Des autochtones, qui ne peuvent plus se réunir nulle part, plus de restaurant par exemple, viennent camper dans les jardins pour passer un bon moment en famille.

Un homme d’entretien croisé sur ma route
Et une belle en protection maximale

Un des grands centres d’intérêt ici, ce sont les canards qui nichent par dizaines sur ce lac. Ils attirent l’attention des Chinois, qui se fendent de bien des photos ou vidéos.

Après une dernière vision sur cette beauté aquatique, j’ai repris le chemin vers le centre, emportant bien de superbes images avec moi.

Peut-être la plus belle image du jour

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