Cinéma – Kantemir BALAGOV : Butterfly jam (2026)

Nous sommes à Newark, aux Etats-Unis, au sein d’une petite communauté tcherkesse (peuple du nord-ouest du Caucase), originaire de Naltchik, une ville de Russie, capitale de la Kabardino Balkarie, l’une de ces petites Républiques nées de l’éclatement de l’U.R.S.S. (C’est la raison pour laquelle j’ai voulu aller voir le film qui me promettait une plongée dans un monde différent).

Azik tient un restaurant, dont la spécialité, les delens (sorte de galettes de pommes de terre farcies) font sa réputation. Il est en couple avec Zalya, qui attend leur enfant et il a un fils de seize ans, Pyteh, qui s’entraîne à la lutte en plus de ses études. Azik se comporte comme un adolescent attardé, il fait la fête avec ses amis et ne s’occupe pas de grand chose à part sa cuisine. Nous allons suivre les aventures de ces personnages.

Tout cela commençait assez bien, le cinéaste nous promettait une incursion dans ce petit microcosme de l’autre bout de la terre, échoué dans le rêve américain, la mise en scène soignée accompagnait ce voyage. Mais bientôt, il ne s’est plus rien passé. Personnages à peine éffleurés, sans relief particulier et sans histoire. Certes, Pyteh fait de la lutte, certes nous voyons sa complicité avec son père (qui semble être son frère), certes Zalya est proche de l’accouchement, certes il va se passer quelque chose de tragique entre Azik et son meilleur ami Marat, mais en vérité, tout cela ne tient pas sur un film de presque deux heures. Et pire, comme si le cinéaste ne savait pas comment rendre son oeuvre intéressante, il y ajoute des notations presque incongrues, voire artificielles, cette jeune lutteuse afro-américaine complexée par son acné, l’apparition de Monica Bellucci en guest star, et, surtout, surtout, ce pélican sorti d’on ne sait où. Tout cela est survolé (si je puis dire 😉 🐦) et nous-mêmes survolons le film sans nous poser nulle part.

J’ai été quand même ravie de revoir Harry Melling, croisé dans « Le jeu de la dame » (série de 2020), les autres acteurs font ce qu’ils peuvent, avec le maigre scénario qui leur est fourni.

Dommage.

FB