Pékin – Roses de mai (2022)

Je ne sais pas pourquoi, ici à Pékin, je me suis focalisée sur les floraisons, guettant les saisons des cerisiers, magnolias, tulipes, roses, lotus… Cela ne m’arrivait pas à Paris, peut-être parce qu’ici les parcs sont incroyables et que l’amplitude inattendue des températures (il peut faire -15/20 ° l’hiver et 35/40 ° l’été) fait un vrai contraste, quand la nature reprend ses droits au printemps, elle explose, elle prend toute la place.

L’an dernier, j’avais déjà assisté à ce phénomène, dont je veux vous parler, confirmé cette année. Au début du mois de mai, tout d’un coup (突然 comme diraient les Chinois), des milliers de pieds de roses incrustent leurs floraisons le long des rues, des avenues, des six voies ou plus. S’invitant avec toute leur beauté dans cet univers urbain jusqu’à l’hostilité (franchement, si vous étiez une fleur, vous aimeriez être en bordure d’une six voies ? Moi je préfèrerais être dans un jardin, mais je ne suis pas une fleur, nous n’avons peut-être pas les mêmes façons de penser).

Leur surgissement est si soudain que j’ai pensé à ce conte de Grimm où des lutins venaient aider un cordonnier la nuit. Car les fleurs arrivent d’un jour à l’autre, déjà à maturité. A l’envers du décor, je pense qu’il faut imaginer des brigades, des hordes, des armées de travailleurs qui viennent planter ici, souvent nuitamment, ces milliers de pied de roses, sûrement extraits de serres alentours.

Et nous pouvons leur rendre grâce, car c’est exceptionnel, toutes ces fleurs parfumées, en couleurs variées ; elles accompagnent mes trajets en vélo de toute leur beauté et leur odeur (j’avoue ôter le masque de temps à autre pour les humer).

Oh les belles jaunes !
Comme un hommage inattendu
Symphonie en rose et jaune
Au passage, dans ma quête florale, je croise un testeur PCR en tenue de travail – petite digression d’actualité

Et bien sûr, avec les températures de cette année (plus de 30°C au mois de mai), les pauvres fleurs, déjà éprouvées par l’obligation de s’insérer dans un environnement urbain, finissent par s’étioler, tout en lançant leurs derniers feux superbes qu’il faut absolument capter.

C’est une saison courte qu’il faut saisir, celle de ces innombrables roses épanouies aux quatre coins de la capitale, si belles et odorantes.

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