Cinémas – Alexandre DE LA PATELLIERE et Matthieu DELAPORTE : Le prénom (2011)

prenom

Voilà une bien jolie découverte ! Du cinéma français dit « grand public », je n’attend d’habitude pas grand chose… J’ai détesté le premier opus des « Visiteurs » (Jean-Marie Poiré, 1993), je me suis tenue à bonne distance des épisodes suivants, j’ai également soigneusement évité la série des « Camping » (2006 et al.), pour ne citer que les plus emblématiques, différents de celui-ci, je sais, mais qui ont fini pour moi par déteindre sur bien des productions comiques hexagonales.

En transit dans un aéroport, ayant le choix sur mon ordinateur entre des films exigeants du type Tarkovski et celui-ci, devinez ce que j’ai choisi ? 😉

Et bien m’en a pris. Avec un scénario adapté d’une pièce de théâtre éponyme, le film brosse les portraits d’un couple, Pierre et Elisabeth, professeurs de littérature, qui reçoivent pour dîner Claude, le meilleur ami d’Elisabeth, ainsi que Vincent, le frère d’Elisabeth et sa femme Anna, enceinte. La discussion s’oriente sur le choix du prénom du futur bébé et tout va se dérégler… Je ne vous en dirai pas plus si comme moi vous n’avez pas encore vu le film.

Nous allons assister à des règlements de comptes en série, en forme de jeu de massacre, auquel aucun des protagonistes ne va échapper. Mais sans outrance, tout reste crédible, comme une soirée qui peut déraper.

La première force du film réside dans ses dialogues ; brillants, brillants, brillants… Et très drôles, du moins dans la première partie, la deuxième, plus dramatique, s’y prêtant moins ; quoique… Comme des balles de ping-pong renvoyées avec brio, les réparties fusent de tous côtés. Et c’est vraiment un plaisir !

La deuxième tient dans la distribution et la direction d’acteurs : tous sont excellents, Charles Berling, Valérie Benguigui (R.I.P.), Patrick Bruel, Guillaume de Tonquédec et Judith El Zein (un peu plus effacée, reconnaissons-le). Tous au diapason, ils nous donnent à voir de très beaux numéros d’acteurs.

Ne cherchons pas ici de critique sociale ni de manifeste quelconque. Juste, si nous voulons creuser un peu, une tranche de vie de Français d’un milieu « socialement favorisé » comme nous pourrions dire, mais là n’est vraiment pas l’essentiel. Tout au plus pourrions-nous prendre cet opus comme une illustration de la violence intrinsèque des personnes, même face à celles qui leur sont le plus proche.

Avec son humour fin et son rythme enlevé, ce film m’a vraiment fait passer un bon moment.

FB