Cinémas – J. J. ABRAMS : « Star Wars VII, le réveil de la force

 

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Soyons clairs, je suis une fan absolue de la première trilogie de « La guerre des étoiles », comme on disait à l’époque😉 (1). J’ai tremblé avec la Princesse Leia, je me suis éprise d’Han Solo, j’ai parcouru avec eux et Luke Skywalker les immensités de l’univers, de planète étrange en étoile mystérieuse et essayé de percer les secrets de l’Ordre Jedi…
J’ai donc bien sûr suivi l’actualité de ces films, en allant notamment voir la deuxième trilogie (épisodes I à III), sortie entre 1999 et 2005. Las, tout y était pesant, sans imagination ni humour ; l’un des volets, « l’attaque des clones » aurait pu servir de sous-titre aux trois films, tant on a l’impression d’y croiser des ersatz d’acteurs (et pourtant on y voit Liam Neeson, Ewan Mc Gregor et Natalie Portman, excusez du peu)… Mais la prime avait été donnée aux effets spéciaux et tout le talent des comédiens ne peut rien quand il s’agit de jouer tout seul sur un fond bleu, pour être ensuite incrusté sur la pellicule, si je puis dire, face à des être en images numériques.
Du temps ayant passé, me permettant d’oublier à peu près cette déconvenue, je suis allée voir le premier opus de la dernière trilogie (épisodes VII à IX). Et bien je dirai que l’esprit de la saga est bien perdu corps et âme. Ce qui était un « OFNI » (objet filmique non identifié) dans les années 1980, fabriqué avec des effets spéciaux que l’on pourrait qualifier d’artisanaux, des comédiens non conventionnels (la princesse Leia par exemple) et une histoire non formatée, tout cela plein de fraîcheur et d’invention est définitivement derrière nous.
Nous restons face à un film qui pour la majorité des scènes recycle ses prédécesseurs, sans invention visuelle particulière. Les mondes qu’il arpente sentent le déjà-vu ; la parenté de Jakku, planète désertique où vit Rey avec Tatooine, planète où Luke Skywalker a grandi est flagrante ; l’étoile de mort est la même – en plus grand, on a plus d’argent aussi, donc c’est normal – que celle de la première saga. On reconnaîtra désormais les héros à certains attributs : les gentils sont accompagnés d’un robot domestique (6-PO pour Luke, BB-8 pour Rey) et les méchants portent des masques qui déforment de plus leur voix (Dark Vador, Kylo Ren). Nous noterons par ailleurs que dans ce monde où la course à l’armement devrait être la règle, au vu des conflits qui le traverse, les uniformes et vaisseaux de la force du mal n’ont pas changé d’un iota depuis les années 80… Marketing oblige, si l’on veut que les jeunes s’y retrouvent.
L’idée de faire jouer de jeunes comédiens peu connus, qui avait donné de si bons résultats dans la première saga, est bonne en elle-même. Encore faut-il savoir choisir les comédiens, ce qui n’est pas le cas ici. Daisy Ridley est acceptable en Rey, mais sans plus (pensez à Jennifer Lawrence dans « Hunger games » et vous mesurerez la différence) ; quant aux acteurs qui jouent Finn et Kylo Ren, je les ai déjà oubliés, c’est pour dire. Nous revoyons quand même avec plaisir les acteurs de la première saga avec presque quarante ans d’écart.
Enfin, parlons de l’histoire, du scénario. Il pourrait s’avérer intéressant s’il n’était pas plombé par les éléments cités ci-dessus. Mais également par un mal qui gagne de plus en plus et qui consiste à ne pas finir du tout un film au prétexte qu’il fait partie d’une série. Et c’est insupportable. D’abord car il est impossible d’apprécier une « tranche » de film ; ensuite parce que la démarche, loin d’être artistique, est purement commerciale et veut nous pousser à aller voir la suite. Or je déteste être prise ainsi en otage.
Donc je n’irai pas voir le numéro VIII. Quant à cet opus, je vous laisse seul juge, vous avez lu ce que j’en pense.
FB
(1) Ce n’est sûrement pas un hasard, car l’appellation de « Star Wars » s’est imposée bien plus tard, créant ainsi une sorte d’unité mondiale autour d’une marque déposée, génératrice notamment de nombre de produits dérivés. Comme un basculement du cinéma au commerce…