Cinéma – Cyril ARIS : Un monde fragile et merveilleux (2026)

J’ai vu ce film avant les événements qui dévastent récemment le Moyen-Orient et le Liban en particulier. Ma chronique est en soutien à cette population malmenée depuis si longtemps. Pays créé artificiellement par des démiurges occidentaux qui pensaient façonner le monde depuis leurs confortables salons, il a vécu bien des conflits depuis les années 1970, c’est un pays instable depuis.

Ce film m’a éblouie, réalisé par un jeune cinéaste libanais de 38 ans, il nous donne une leçon de vie (et de survie) au travers d’un film follement romantique (« romcom » comme diraient les Américains, qui ne savent plus en produire de marquants depuis un certain temps ; il est d’autant plus rafraîchissant de voir un film de ce type surgir d’une autre partie du monde, d’où nous ne l’attendions pas).

Nino et Yasmina, nés au même moment dans un hôpital de Beyrouth, comme deux étoiles jumelles, vont se fréquenter à l’adolescence, se perdre, puis se retrouver à l’âge adulte pour lier leurs vies.

C’est un film inclassable, un histoire d’amour infinie et belle, placée sous le signe du destin, comme si un souffle surnaturel s’épandait sur la vie des protagonistes dans un pays à l’équilibre précaire, à la recherche d’un meilleur, comme les étoiles ou encore cette île rêvée qui apaise leurs tourments et se fera réelle à la fin.

La caméra enfiévrée, qui accompagne les protagonistes, souvent en gros plan, renforce la beauté de la relation, c’est un film plein de vitalité, de couleurs et de sensualité, qui ré-enchante ce monde marqué par la guerre. Comme si la proximité des conflits dans la mémoire des personnages renforçait la profondeur des sentiments.

Et puis, beaucoup d’humour dans ce film, (« L’humour est la politesse du désespoir », disait le réalisateur Chris Marker), un tourbillon qui nous saisit, joyeux et débridé.

C’est un très beau film, inclassable, et aussi un hymne à Beyrouth, la ville où l’on aurait pu être heureux, sans la violence ordinaire qui habite la cité depuis longtemps.

Comme déjà évoqué en début d’article, je suis triste de penser qu’en raison des intérêts personnels d’hommes forts, limite dictateurs (USA + Israël), ce pays déjà ravagé par plusieurs guerres, va encore subir bien des violences. Il nous restera ce film d’espoir qui nous fait croire à l’amour en temps de guerre.

J’ai adoré cette vitalité, portée par deux acteurs remarquables et incandescents.

FB