Pékin – Temple Fayuan 法源寺 (2024)

Voilà un temple au charme méconnu, situé dans le sud de Pékin et édifié en 654 par l’Empereur Tai Zhong de la dynastie Tang, en l’honneur de soldats chinois morts dans les luttes contre la Corée. Il s’appelait à l’époque Temple Minzhong (« Déploration de la mort des loyalistes »), nom qu’il a conservé jusqu’au XVIIIe siècle, tout en changeant régulièrement de finalité, tour à tour prison pour un empereur déchu sour les Jin, école mongole sous les Yuan, lieu d’une grande foire au XVIIe siècle, caserne et, enfin, collège bouddhiste. Ce n’est qu’en 1734 qu’il a pris son appellation actuelle « Temple de la Source de la Loi ».

Il est devenu l’une des plus grandes écoles d’enseignement bouddhiste de Chine, où sont étudiées également des langues étrangères comme le japonais ou l’anglais. La bibliothèque, forte de 100 000 ouvrages est l’une des plus importantes du pays. C’est également le plus ancien temple bouddhiste de la capitale (bien que, malmenés par le temps, les bâtiments qui le composent soient plutôt de l’époque Qing), à l’ordonnancement assez classique.

On retrouve tous les éléments attendus d’un temple, ici par exemple la Tour de la Cloche, dans la première cour
Ou encore ces espaces propices à la dévotion des fidèles
Toujours ces formidables lions (ici particulièrement beaux)

Mais, me direz-vous, pourquoi aller voir ce ce temple-là ?

Une réponse évidente sur le plan touristique est de mentionner les superbes statues dont certaines remonteraient à l’époque Han (la plupart étant plutôt de l’époque Ming) ; je n’ai pas pu les photographier, je ne voulais pas déranger les fidèles dans leurs prières.

Et au-delà, ce qui séduit le plus ici, c’est l’impression d’être à l’écart de tout, comme dans un lieu secret. La localisation même du temple, dans un hutong nous pousse à nous écarter des voies principales pour le trouver, au milieu des entrelacs sinueux de ces petites ruelles historiques. Le plan de l’ensemble, ramassé, (qui ne laisserait jamais soupçonner qu’il abrite six cours successives et s’étend sur presque 7000 m²) renforce encore cette impression d’intimité, les cours et bâtiments ont beaucoup de charme dans leur modestie.

Paix et lumière dans la quatrième cour

Ce temple a aussi pris l’habitude de se cacher sous la ramure d’arbres majestueux, peut-être pour échapper à ces perturbations qu’il a subies dans les temps anciens, quand on changeait sa destination pour un oui pour un non.

Dans la sixième cour, par exemple, le Pavillon des sutrâs bouddhistes se fait un rempart de ces deux gingkos du XVIIIe siècle, abritant ses trésors dans l’ombre de ces arbres tutélaires de la Chine.

Aussi appelés « abricotiers d’argent » ou « arbres au quarante écus »

Le reste du temple s’est aussi paré de nature, qui est particulièrement belle dans la douceur de ce mois de mai.

Une porte qui ressemble fortement à celles que l’on voie dans les jardins de la province du Jiangsu

Et pour accentuer cet entrecroisement entre construction et nature, de petites plantations se découvrent au gré du chemin.

Quelques bonsaïs sur le pas d’une porte
Humilité des fleurs multicolores sur une margelle

C’est une promenade paisible, dans une atmosphère propice au recueillement et à la déambulation tranquille, bien loin de l’ébullition de la grande ville qui rôde aux alentours.

Et pour finir un clin d’oeil, la déesse Guanyin sous le caractère « Fu » (bonne fortune/bonheur)

FB