Cinéma : Joachim TRIER – Oslo, 31 août (2012)

Oslo, 31 août

Un film norvégien, triste, très triste, mais bien, très bien.

Un jour à Oslo dans la vie d’un jeune homme qui essaye de se sortir de sa toxicomanie. Toxicomane de très bonne famille, pas SDF. A l’occasion d’un entretien d’embauche, il quitte l’institution dans laquelle il est hébergé et retourne à Oslo. C’est l’occasion pour lui d’essayer de reprendre contact avec ses proches (son meilleur ami, sa soeur). La violence feutrée des échanges est sûrement à l’aune des souffrances qu’il leur a infligées lorsqu’il était dépendant. Ils n’y croient plus et on le sent. Le reste de la journée est une errance pendant laquelle Anders, le héros, balade sa solitude dans cette ville, baignée d’une lumière de fin d’été, inconnue de nous et sans repères pour lui, semble t-il. La manière de filmer Anders, de dos, lorsqu’il déambule dans la ville, donne l’impression que les personnages suivis par la caméra sont peut-être des personnes qu’il connaît ; une femme avec un berceau semble s’arrêter, la caméra l’approche, une rencontre va avoir lieu, sûrement. Mais non, juste une beauté de mise en scène qui montre l’incommunicabilité entre le héros et les autres. Le travail sur le son est au diapason, soulignant tour à tour comment le héros se raccroche au monde ou le perd. Comment faire cet impossible deuil de la drogue ? Les rencontres de hasard, les fêtes avec les amis pourront-elles suffire ? Je vous laisse voir ce film que je recommande.

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