Cinéma – Michael CURTIZ : Capitaine Blood (1935)

De Michael Curtiz, cinéaste d’origine hongroise (1886-1962), à la carrière prolifique (plus de 150 films à son actif) en forme de caméléon – il naviguait du drame sentimental au film de pirates en passant par les péplums et westerns, je voudrais revenir sur ce film, tourné en 1935 aux États Unis, où il est arrivé presque dix ans plus tôt.

Nous allons suivre les aventures de Peter Blood, un médecin irlandais victime de la répression aveugle du roi d’Angleterre Jacques II Stuart (1685-1688), envoyé comme esclave à Port Royal en Jamaïque et qui va finir par s’enfuir pour prendre la mer comme pirate.

Errol Flynn campe un personnage fier, parfois jusqu’à l’insolence, qui n’hésite pas à affirmer ses opinions, un libre penseur avant l’heure. Il met une grande énergie à incarner ce personnage aventurier, qui ressemble à celui qu’il était en réalité, un homme qui brûlait sa vie par les deux bouts, abusant de l’alcool et des femmes, jusqu’à décéder d’une crise cardiaque à l’âge de 50 ans.

Son histoire d’amour avec Olivia de Havilland (Arabella) prend la forme d’une joute oratoire pleine d’esprit et très amusante. Ils sont tous les deux à l’aube de leur carrière, très jeunes (elle 19 ans, lui 26 ans), et déjà très talentueux. C’est un couple mythique que Michael Curtiz réunira à maintes reprises sur la toile (notamment dans « La charge de la brigade légère » en 1936, et « Les aventures de Robin des Bois » en 1938).

Cette œuvre fait partie de ces films classiques qui sont des références dans notre imaginaire de spectateurs, nous sommes dans un archétype de films de pirates (de même que « L’île au trésor » de Robert Louis Stevenson, 1882, est devenu l’archétype du livre de pirates), qui concentre toutes les figures imposées du genre.

L’intrigue est enlevée et nous nous laissons emporter sans ennui dans cet opus plutôt long pour l’époque (près de 2 heures), grâce aux multiples rebondissements qui l’émaillent. Nous allons voyager entre les îles des Caraïbes, mais aussi entre les continents, et retrouver ce que nous attendions d’un film de pirates, paysages îliens avec palmiers, combats entre des galions en mer, trésors prises de guerre, prouesses individuelles, trahisons et amitiés, tout y est.

C’est un régal, vraiment ; il faut parfois retourner aux racines pour retrouver toute la beauté du genre.

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