Musique – Depeche Mode : Ghosts again (2023), hommage à Ingmar Bergman ?

Parmi mes groupes musicaux préférés, Depeche Mode occupe une place spéciale. Grâce à mon frère (merci), j’ai redécouvert ce groupe il y a une vingtaine d’années, après l’avoir délaissé dans sa période la plus connue, soûlée par ce synthétiseur que je trouvais bien linéaire et abêtissant dans leurs hits comme « Just can’t get enough » (1981). Et, en forme de révélation, je me suis ensuite régalée de toute cette noirceur et cette profondeur musicale des albums qu’ils ont produit depuis les années 1990. « Violator » (1990), « Songs of faith and devotion » (1993), « Ultra » (1997), « Exciter » (2001), « Playing the angel » (2005), « Sounds of the universe » (2009) etc. sont pour moi des « must-have » en termes de musique pop. Le synthétiseur, qui est toujours un incontournable de leur musique et qui leur permet de ciseler ces morceaux si complexes, s’est fait densité et laisse la place à la gravité des guitares électriques ; tout cela porté par la voix profonde de Dave Graham, chanteur. Je ne peux que vous inviter à écouter ce groupe si vous ne le connaissez pas, pour moi il n’a pas pris une ride et je ne cesse d’y revenir au fur et à mesure que j’écoute des nouveautés.

En exemple, le lancinant morceau « In Chains », extrait de « Sounds of universe »

La semaine dernière j’ai regardé pour la première fois « Le septième sceau » d’Ingmar Bergman (1957), film que j’ai trouvé remarquable, mais que je ne voulais pas chroniquer au vu de toutes les brillantes variations déjà commises sur le sujet. C’est un film sur la vanité de l’existence, dans un contexte de pandémie de peste, avec en contrepoint des baladins qui essayent de porter la joie dans le coeur des Hommes. Oeuvre forte sur la vie, la mort, la résilience et l’état d’être humain, il m’a beaucoup impressionnée. Et j’ai apprécié la beauté du noir et blanc, qui définissait jusqu’aux moindres détails de ce drame.

J’ai immédiatement fait le lien avec le dernier clip du groupe, « Ghosts again », où l’on voit Dave Gahan et Martin L. Gore, deux soixantenaires, jouer aux échecs sur fond de ville moderne. Comme une acceptation du poids des ans, du temps qui passe, qui feront bientôt d’eux des « ghosts again ». Chanson bouleversante qui cite la mort comme contrepoint à la vie.

Les paroles, bien que toujours assez conceptuelles, sont ici en résonance avec ce que nous montre Ingmar Bergman.

Faith is sleeping
Lovers in the end
Whisper we’ll be ghosts again

Heaven’s dreaming
Thoughtless thoughts, my friends
We know we’ll be ghosts again

La proximité avec le film m’a donc paru évidente, je la partage avec vous comme une hypothèse bien intéressante.

Et pour terminer, je ne peux que vous inviter à découvrir à la fois le groupe et le film.

FB